Autour de la mer Noire
voyages d’hiver

Une exposition photographique de Klavdij Sluban





«pas à pas 
nulle part
nul seul
ne sait comment
petits pas
nulle part
obstinément»
Samuel Beckett

«J’ai horreur de voyager» dit l’homme aux semelles de vent. Klavdij Sluban a pourtant le voyage dans les gènes. Il porte en lui la mémoire de peuples habitués à s’arracher à leur vie, à tout quitter, chassés par les caprices de l’histoire ou poussés par une nécessité intérieure. Lui, pour qui chaque départ est un déchirement, ne cesse d’arpenter le monde.





Ces 50 images ont été rapportées vers la fin des années 90 de Turquie, Géorgie,  Abkhazie, Transdniestrie, Russie, Ukraine, Moldavie, Gagaouzie, Roumanie, et Bulgarie. Des eaux noires, la beauté des villes sous la neige, un cygne grelottant dans l’eau froide, forcément froide… Klavdij Sluban est un poète de l’image, un poète tout court. Des noirs profonds et texturés émergent des silhouettes, des visages, des fantômes, subtiles et délicats. Le monde est vu parfois à travers une vitre où des bandes de peintures noires se sont écaillées, le monde est vu en mouvement, étiré, tremblé, bougé, comme saisi dans l’urgence par un passager clandestin, agrippé à la porte du train. Les bateaux sont à quai, rouillent et se désossent, dans les salles d’attente un seul homme, oublié, dort la tête entre ses bras. C’est un univers de silence, palpitant délicatement comme un coeur pris sous la glace que saisit le regard du poète.

«S’il fallait lui donner un autre nom, à cette mer qui broie du noir, je l’appellerais la Mer de la Mélancolie.» Olivier Rollin

Ces images appartiennent à de prestigieuses collections institutionnelles, elles ont été exposées au Centre Pompidou et à la Maison européenne de la photographie. Elles sont présentées pour la première fois en galerie.