Chardon Rouge

Une exposition photographique de Davide Monteleone





« Lorsque le Caucase du Nord émerge de l’ombre de l’histoire, c’est toujours sous la couleur
de la tragédie », dit Davide Monteleone qui arpente depuis des années la Tchétchénie,
l’Ossétie du Sud, la Géorgie, l’Abkhazie, et le Daguestan. Mais ce que cherche le photographe
c’est justement ce que négligent les feux de l’actualité lorsqu’ils se tournent vers la région.
Dans ces pays soumis à une obstination destructrice depuis trois siècles et aujourd’hui
encore confrontés aux conséquences de l’effondrement de l’ex-Union soviétique,
Davide Monteleone traque la trame des jours qui se tissent, la persistance de traditions vivaces,
l’attachement à un passé, à une histoire. Son voyage est une plongée en apnée dans un univers
qui paraît immuable.





Résister. Résister à l’envahisseur, à la tyrannie, à la guerre. Résister au temps qui passe aussi.
La beauté du travail de Monteleone consiste à saisir cette dignité muette, cette persistance
des coutumes ancestrales, cette capacité cent fois prouvée à se redresser.





Dans les images au format carré et à la construction rigoureuse, géométrique, on devine
l’effraction toujours possible de la violence. Les personnages sont pris dans des scènes intimes
de leur vie quotidienne, aussi triviale que fantastique, figée dans un silence distant, poétique,
éternel. Une sourde inquiétude se diffuse. Le magnétisme et la beauté sauvage de cette région
et de ses habitants, toujours menacés d’une catastrophe à venir, imprègnent ce sujet.
La violence passée - il y a un an ou il y a un jour -, est perceptible partout. Et les regards
des femmes, des enfants, sombres et craintifs, disent tout ce qu’on ne voit pas.

Chardon rouge fait l’objet d’un livre publié en juillet 2012 chez Actes Sud.
L’exposition a été montrée pour la première fois au Capitole lors des rencontres d’Arles
de l’été 2012.