Entre chien et loup

Une exposition photographique de Stanley Greene






« Ces images sont mon histoire. Ce n’est pas une rétrospective, ça ne doit pas être vu de cette façon... C’est une mince entrevue de ce qu’il y a sous la carapace. Je ne vais pas vous donner une véritable entrée. Je ne vais pas vous rendre les choses faciles. Je ne vais pas vous tracer de chemin.
Vous allez avoir un peu de travail à faire, pour découvrir, regarder derrière la posture.
Pour regarder les photos.... »
Stanley Greene





Carte blanche à une légende du photojournalisme

Stanley Greene a vécu 1000 vies : membre des Black Panthers et militant anti-guerre du Vietnam à l’adolescence, presque tué lors d’un attentat à la Maison Blanche de Moscou, remarqué par le légendaire W. Eugene Smith, il a été témoin de toutes les guerres contemporaines, notamment la Tchétchénie de 1994 à 2003 dont témoigne l’impressionnant Plaie à Vif. L’existence de Stanley est dévouée corps et âme à son engagement photographique. À la fois timide et déterminé, il a cette impudeur des grands témoins ; c’est cette impudeur que nous avons souhaité questionner avec lui.

Avec l’aide de Nathalie Lopparelli de l’atelier Fenêtre sur cour, son tireur depuis toujours, il a accepté de se plonger dans ses archives, de les redécouvrir, de se confronter à nouveau à l’horreur de certaines scènes, parfois longtemps occultées. De cette plongée en apnée est née l’exposition Entre chien et loup, un voyage non chronologique dans son travail - certains tirages étant exposés pour la première fois -, où l’Azerbaïdjan côtoie le Liban, où les femmes moscovites frôlent les soldats d’Irak, où la nuit parisienne se prolonge dans les eaux sombres de la Nouvelle-Orléans, comme autant de fragments d’une longue histoire photographique où chaque image révèle une obscurité ou une tendresse là où on ne l’attendait pas.





En fouillant dans leurs archives, Stanley et Nathalie ont aussi retrouvé des images qui avaient été considérées comme immontrables. Oubliées pendant des années, elles lui sont revenues comme le ressac, l’ont hanté, puis se sont imposées. Exposées dans la salle du sous-sol, c’est une descente dans l’enfer de Greene ; l’enfer, comme dans ces salles interdites qui abritaient autrefois les livres censurés.

Peu de photojournalistes sont capables de mettre des mots sur les intentions contenues derrière leurs images, sur la nécessité de couvrir les horreurs du monde, sur la difficulté de vivre avec. Stanley Greene fait partie de ceux qui le peuvent, et il nous fera l’immense plaisir d’une rencontre avec le public, et de se livrer, aux côtés de ses images...