The North Corrida

Une exposition photographique de Tatiana Plotnikova





Tatiana Plotnikova est grand reporter et c’est son pays, la Russie, qu’elle arpente et interroge
avec insistance. Les travailleurs saisonniers, les combats d’oies, les ravages de l’alcool…
autant de sujets qui retiennent son attention. Nous exposons deux histoires.

The North Corrida est le récit du rodéo sauvage qui se déroule sur la péninsule de Yamal,
en Sibérie occidentale. Large langue de terre qui s’avance sur l’Océan arctique où les modes
de vie traditionnels des Nénetses et des Khandys ont perduré jusqu’à aujourd’hui.
L’élevage de rennes est la principale ressource locale. Une fois par an, les bergers procèdent
à l’abattage des bêtes afin de s’assurer un stock de viande pour l’hiver, de confectionner
de nouveaux vêtements chauds, et d’obtenir de l’argent pour acheter des chasse-neiges
et des groupes électrogènes.





Sang sur la neige, carcasses en morceaux, peaux écorchées… Le corps à corps des hommes
et des bêtes se solde par des os brisés ; les souffles sont courts, les galopades effrénées.
Une gaieté sauvage et tapageuse règne sur cet abattoir à ciel ouvert, que Tatiana Plotnikova
capture dans ses noirs et blancs au grain éclaté. Elle saisit le clair obscur des confins russes.
Chaque image est sourde, fermée, un univers à part entière.





Dans la salle du bas, très sombre, les ambiances d’un black banya, un bain noir, sont restituées. Tatiana Plotnikova nous fait entrer dans la cabane de bois en lisière de la forêt, où les paysans
de Balkuri, un village isolé, viennent se laver dans les bains chauds à vapeur. Un fourneau
chauffe des pierres sur lesquelles est versée l’eau, la fumée qui s’en dégage est évacuée
par une simple ouverture au plafond, noircissant les poutres, plongeant la pièce dans l’ombre.
Les silhouettes, sensuelles, brutes, sont offertes dans leur intimité.